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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Jean-Manuel Traimond
Le polo du Bois de Boulogne
Un guide méchant [et parfois moche] de Paris
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La France, aux Jeux Olympiques, ne manque jamais de médailles en équitation. Curieux brio, en ce sport aristocratique, de la première grande république d’Europe. C’est que, comme les sports de contact et d’équipe ont pour but d’endurcir les classes dominantes anglaises, l’équitation a pour but d’ôter peurs et scrupules aux classes dominantes françaises. Un cheval est une bête bien plus forte que n’importe quel homme, et après tout, se jucher sur son dos revient à s’exposer à se briser les os. Alors, en plus, provoquer ce puissant animal à coups d’éperons ! Méditons donc, sur l’éperon, l’un des Essais de psychologie sportive (Jérôme Million) du baron Pierre de Coubertin. Horace Léon y voit « une leçon d’autorité sociale où le cheval ressemble beaucoup au peuple » :

« Prenez un novice au manège, faites-lui monter une bête un tant soit peu vive ; mettez-lui de bons éperons aux pieds et ordonnez-lui de piquer résolument son cheval. (…) Ou bien il se servira de l’éperon avec une audace joyeuse ; ou bien il s’en servira avec hésitation et timidité ; ou bien il fera semblant de s’en servir. Dans ces deux derniers cas (…) vous expliquerez à votre élève qu’il n’est pas moralement au niveau désirable. Vous lui ferez comprendre gentiment avec des mots atténués, de façon à ne pas le blesser, qu’il manque de courage. (…) L’éperon est provocateur. En l’utilisant, le cavalier provoque sa monture ; il lui fait part directement de sa volonté de l’asservir et d’agir en maître vis-à-vis de lui. Il l’incite - homéopathiquement - à la révolte et à la résistance. Excellente école pour lui-même. Sans compter qu’il y a beaucoup d’imprévu dans le résultat de chevaux subissant de façon très diverse le petit affront qui leur est fait. »

Horace Léon renchérit dans L’équitation, école de domination :

« Les rapports du cheval et de l’homme sont analogues à ceux des pauvres et des riches : aux uns l’effort, aux autres le profit. Aux uns la charrue, aux autres la moisson. Aux uns la course, aux autres la coupe. »




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