Jean-Manuel Traimond. Photos Christiane Passevant

Hommage à la ressuscitée

samedi 17 juillet 2010

Les autorités civiles de Montmartre combattirent la construction de la basilique du Sacré-Cœur. Elles baptisèrent en particulier la rue au pied de l’église « rue du Chevalier de la Barre ». Le Chevalier de la Barre, à 19 ans, refusa d’enlever son chapeau au passage d’une procession du Saint-Sacrement. On l’arrêta, puis, parce qu’il refusa de dire qu’il croyait en Dieu, on le tortura, on le décapita et on brûla son cadavre, en 1766. À propos des lumières du bûcher, Michel Leiris écrivit dans Gloses : « CLERGÉ, c’est : j’éclaire, à l’envers. »

L’association nationale des Libres Penseurs, pour riposter à « Notre-Dame de la Galette », plaça une statue de ce jeune homme obstiné en face du porche du Sacré-Cœur. L’association voyait dans sa petite statue en face de l’énorme basilique « un petit torpilleur devant un gros cuirassé ». En 1926, le clergé ayant repris pied, on exila cette statue dans le square au pied du réservoir voisin du Sacré-Cœur. En 1942 le préfet de police fit partir à la fonte, l’une des premières, l’effigie du Chevalier de la Barre, ainsi brûlé deux fois. Après la guerre, une association se constitua jusqu’à ce que, après quelques décennies, les fonds réunis permettent d’en élever une nouvelle.


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