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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Jean-Manuel Traimond. Photos Christiane Passevant
Une verge d’airain
Un guide méchant [et parfois moche] de Paris
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Dans Une colonne qui bégaie, Horace Léon hausse le ton : « La colonne Vendôme fut édifiée par Napoléon 1er et copiée sur la colonne Trajane de Rome, peut-être dans l’espérance que l’empire moderne durerait autant que l’ancien. Le projet originel du premier consul Bonaparte célébrait Charlemagne, fondateur d’empire. Empire bref, mais empire quand même. Un précédent intéressant pour un consul intéressé par l’impérialisme.

Cependant, la Commune de Paris, bien que constituée entre autres pour refuser la capitulation, et alors même que les armées prussiennes campaient autour de Paris, « considérant que la colonne impériale de la Place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation militariste, une négation du Droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des grands principes de la République Française : la Fraternité, décrète : Article unique : la Colonne Vendôme sera démolie. Paris, 12 avril 1871. » Les monarchistes qui revinrent au pouvoir passèrent outre à leur mépris pour Napoléon 1er et, dans l’ambiance générale de revanche sociale, remirent la colonne en place. Ils relevèrent sans hésitation un monument dédié à l’assassin du duc d’Enghien et dont la bâtardise architecturale était soulignée par le nom qu’elle porte, celle d’un bâtard d’Henri IV. »

La Place Vendôme abrite le Ministère de la Justice. À sa gauche, l’hôtel le plus cher de France, le Ritz. Devant lui, le siège social de Morgan Guaranty Trust, l’une des plus puissantes entreprises financières du monde. Vers sa droite, la résidence parisienne du Sultan de Brunei, dont la fortune personnelle se compte en dizaines de milliards de dollars. Les boutiques alentour sont spécialisées dans les pierres brillantes.

L’hôtel Ritz fut fondé par un Suisse, César Ritz. Le premier employeur du jeune César le renvoya, lui conseillant de ne pas songer à une carrière dans l’hôtellerie. Parmi les innovations apportées trente ans plus tard par l’hôtel Ritz, on compte celle de la salle de bains dans chaque chambre, le goût du caviar, lancé en 1901, et les boutiques à l’intérieur des hôtels, dans le cas du Ritz destinées à égayer un très long couloir sombre. César Ritz mourut de la syphilis, après plusieurs années de la démence infligée par cette maladie.

Les visiteurs masculins du Ritz constateront que dans les urinoirs une plaque de plexiglas bien placée évite toute éclaboussure à leurs chaussures.



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