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René HAMM
Pour sauver la planète, sortez du capitalisme
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Pour sauver la planète, sortez du capitalisme

de Hervé
Kempf

Éditions du Seuil, Paris, janvier 2009, 167 pages, 14 euros.

« 

Le titre claque comme un slogan que l’on clamerait volontiers avec
allégresse. Quel immense dommage que si peu de Vert(-e)s adhèrent à ce
credo radical, préférant, à l’image de Dominique Voynet Daniel
Cohn-Bendit ou Alain Lipietz, quelques commodes replâtrages ! Les
déprédations gravissimes de l’environnement découlent d’un mode de
production uniquement mû par « la maximisation du profit ». La crise
économique actuelle, corollaire des turbulences qui ont frappé la bulle
des hedge funds et des subprimes, l’auteur l’avait prédite dans son
précédent essai (1). Il préconise d’inscrire « l’urgence écologique
et la justice sociale au cœur du projet politique ». Oui, mais qui pour
promouvoir ce dernier ? Comment, insiste Hervé Kempf, qui rejette
également les éoliennes et les agro-carburants, oser estampiller le
nucléaire « d’énergie du futur », alors qu’il demeure éminemment
dangereux et génère des volumes colossaux de déchets fortement
radioactifs ? Nos dirigeants, que la collusion avec les lobbies les plus
influents et les grands groupes industriels n’a jamais rebutés,
excluent sciemment une réduction drastique de la consommation.

Celles et
ceux qui préconisent des solutions viables, aux antipodes de la doxa
dominante, comme par exemple une redistribution équitable des richesses,
les pseudo-« penseurs » choyés par les médias les raillent à tout va.
Ainsi, l’inénarrable Jacques Attali avait postillonné, le 16 octobre
2007, sur France Inter, « la meilleure façon de ne pas polluer est de
revenir à l’âge de pierre ». Crétinisme d’un de ces
« intouchables », qui ne risquent guère une confrontation avec des
contradicteurs sur les ondes et plateaux de télévision !... Si l’on se
contente de rehausser la grisaille du statu quo d’une touche de
chlorophylle, le boostage des énergies renouvelables n’apparaît que
comme une mesurette-alibi. Le fondateur de Reporterre (2) n’hésite pas
à réclamer la taxation des hauts revenus, voire le ponctionnement du
patrimoine détenu par les plus fortuné(-e)s, afin de financer des
activités socialement utiles et à faible impact environnemental.

Il
conviendrait, ajoute-t-il, de tendre vers davantage de « sobriété », de
« frugalité », « une adaptation de la demande aux ressources », de
« goûter la lenteur », de s’engager sur la voie de « la décroissance ».
Une telle révolution des us et coutumes supposerait que nous démontions
au préalable « des archétypes culturels » et que nous nous départissions
impérativement du « conditionnement psychique » propagé notamment par la
publicité.

Et « l’acmé de l’aliénation capitaliste intervient quand
l’humain lui-même devient marchandise ». Le journaliste met en garde :
attention de ne pas tarder, « hébétés », jusqu’à ce que ce système
délétère « se transmue en despotisme » !... Il doit se sentir assez
isolé au sein de la rédaction du Monde, « le quotidien vespéral des
marchés », comme l’ont baptisé les sardons de Pour lire pas lu, devenu,
depuis mars 2006, Le Plan B, lequel paraît bimestriellement.

(1) Comment les riches détruisent la planète, Le Seuil, janvier 2007,
147 pages, 14 euros.
(2) Magazine lancé en 1989, uniquement disponible en ligne depuis 2006.



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