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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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de sangatte a coquelles (1999-2004)
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À l’occasion de la préparation d’un camp international « no border » à Calais fin juin 2009
(<http://calaisnoborder.eu.org/> ),
il a semblé intéressant de refaire circuler ce texte,
initialement paru dans le bouquin collectif
Politiques migratoires. Grandes et petites
manoeuvres (éd. carobella, 2005) – suivi par
un article précisant le contexte contemporain
dans le Calaisis, publié en janvier 2009.

Rappelez-vous, un petit village de la côte d’Opale, des milliers de femmes et d’hommes parqués dans un hangar industriel en attente d’un hypothétique passage
vers l’Angleterre. Un camp pour étrangers ceinturé de grillages et de barbelés
à quelques kilomètres des quais d’embarquement du tunnel sous la Manche. Sangatte,
trois ans durant, témoignera de ces zones de relégation dans lesquelles les
États retiennent aux frontières de l’Union européenne celles et ceux qui cherchent
à les franchir. Quelques années après la fermeture du camp, la condition des 2 à
300 « réfugiés », sans-papiers 1, en errance sur le littoral demeure inchangée.
Dans ce contexte, comment des militants anticapitalistes et libertaires regroupés
autour d’un journal local et vivant à 30 km de là pouvaient-ils intervenir ? Quels
axes choisir ? Comment réagir à l’évolution d’une situation relativement particulière
 ?

Les pages qui suivent, largement inspirées de notre publication La Mouette enragée
3, sont le fruit d’un travail collectif entrepris depuis 1999. Elles témoignent du regard porté et de l’action menée en riposte à l’offensive sécuritaire et xénophobe
de l’État. Certaines ont été écrites à l’époque des événements, ou en réponse à des
textes ou des situations qui venaient de se dérouler, et sont donc historiquement
datées. Dans cette optique, nous avonc choisi d’aborder successivement les conditions
d’accueil des sans-papiers en Angleterre, la question du travail et les mobilisations
sur le littoral. Nous avons tenté de demeurer attentifs aux évolutions politiques
en matière de lutte contre l’immigration dite clandestine, tant à l’échelon
national et européen qu’en fonction des tenants et aboutissants des phénomènes
migratoires dans leur globalité.
Les positions exposées reposent sur des analyses de la situation emblématique du
Calaisis, à partir de laquelle nous avons cherché à inscrire nos actions et réactions.

Dans la mesure du possible, nous l’avons fait en lien avec une dynamique
de lutte et dans une logique d’élargissement : de l’action du Comité de sanspapiers
59 (CSP 59-Lille) aux enjeux posés par les sans-papiers du littoral de la
Côte d’Opale. Du camp de Sangatte au centre de rétention administrative (CRA)
de Coquelles, modèle à plus d’un titre (!), des tarmacs de Lesquin ou Roissy au
terminal Eurostar de Calais, de la forteresse européenne continentale aux falaises
de Douvres, c’est au travers de nos initiatives comme des luttes auxquelles nous
nous sommes associés, avec plus ou moins de bonheur, que nous proposons de
contribuer au présent ouvrage.

Si vous avez manqué le début : en 1994, Amnesty International attire l’attention
sur le cas de « réfugiés » polonais cherchant à gagner la Grande-Bretagne. Dans la
foulée, l’association « La Belle Étoile » voit le jour à Calais. Un premier comité de
soutien aux « réfugiés » est créé en 1997 et une maison de retraite est réquisitionnée
pour héberger des Roms tchèques refoulés. Des négociations franco-britanniques
sur un partage de l’accueil de ces « réfugiés » sont entamées.

En octobre 1998, la guerre en Yougoslavie provoque une arrivée massive de « réfugiés
 » kosovars. En mars-avril 1999, nombre d’entre eux errent dans Calais et ses
alentours, les CRS se livrent à leurs premières chasses à l’étranger. À la suite d’un
règlement de comptes mortel entre passeurs, la préfecture opère un regroupement
des sans-papiers dans un entrepôt appartenant à la chambre de commerce (CCI) 4.
Situé sur le port de Calais, il sera fermé en juin afin, selon le préfet, de ne pas favoriser
les contacts entre passeurs et sans-papiers. Suite à cela, quelque 200 personnes
se regroupent et s’installent pendant un mois au parc Saint-Pierre, situé
face à la mairie, dans des conditions dignes d’un bidonville. En août, leur évacuation
par les CRS médiatise l’affaire au-delà du Calaisis.


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