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Les Occidentaux malades de l’Islam - Discussion II -
Réponse de Pierre Sommermeyer
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Le texte qui nous a été envoyé est très intéressant car il illustre exactement l’ambiguité du discours sur la société musulmane que j’essayais dans mon précédent article de mettre à jour.

Quand Groja écrit : "dire que le monde arabe est aujourd’hui acculé " il utilise ce vocabulaire à double tiroir, classique aujourd’hui. Il faut être clair : quand on parle de l’Islam aujourd’hui, on ne parle pas du monde arabe mais d’une entité bien plus large dans laquelle les Arabes sont ultra minoritaires. Qualifier d’Arabe tous les musulmans serait faire preuve d’impérialisme, et pas seulement culturel.

S’attaquer au colonialisme occidental bien réel, tout en faisant l’impasse sur le colonialisme turc, c’est faire preuve de myopie. La culture, c’est l’héritage des siècles passés, pas seulement de celui qui vient de s’achever.

Quand Groja dit : "le monde arabo-musulman a plus mal à son Etat qu’à sa religion." on demande à voir. La forme Etat dont les sociétés musulmanes ont hérité/adopté s’est construite dans des sociétés à histoire judeo-chrétiennes, ou dès le début la séparation entre le religieux et le temporel est l’objet à la fois de lutte très vive et jamais terminées (cf. la laïcité en France)et d’un large consensus.Le fondement religieux de cette séparation est dans la parole de Jésus-Christ : "Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". il semble qu’au cours des premiers siècles de l’Islam ce débat ait eu lieu.

Il faudrait donc que Groja démontre les limites entre l’un et l’autre dans le cadre d’un Etat à culture musulmane. Dans mon article je tentais de démontrer que Etat et religion sont les héritiers de l’autocratisme turc et non pas de l’âge d’or de l’Islam arabe conquérant.



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