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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Tentative d’homicide sur notre compañero Ruben Valencia Nuñez
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Oaxaca de Magón
Ville de la résistance.
Samedi, le 10 janvier 2009.

Texte communiqué par
Terre et Liberté émission de Radio Libertaire dont l’objectif est d’informer sur les luttes des peuples sans Etat et de débattre sur ce qui, dans leurs modes d’action et leurs cultures, intéressent les libertaires (décisions collectives, fonctionnement horizontal, autonomie vis à vis de l’Etat et des partis politiques...).

Nous voulons dénoncer les manœuvres d’intimidation qui ont mis en péril la
vie de ce compañero participant au mouvement populaire dans l’Oaxaca.

Les faits :

Ce samedi 10 janvier, vers 23 heures environ, tandis que notre compañero
Rubén Valencia Nuñez empruntait en compagnie d’une autre personne la rue
Porfirio Díaz pour se rendre à l’espace politique et culturel CASOTA, au
nº 408 de la rue Crespo, dans le centre de la ville d’Oaxaca, plusieurs
individus (peut-être trois) passant à bord d’un véhicule de couleur bleu
métallisé, de la marque Peugeot, semble-t-il, ont commencé à les insulter.
S’adressant à notre compañero Rubèn, l’un de ces individus lui a lancé :
"Sale APPO !", entre autres invectives. L’un d’eux s’apprêtait à descendre
du véhicule mais il a été persuadé par les autres de renoncer et
l’automobile a poursuivi sa route pour aller se garer à environ un pâté de
maison de là.

Face à cette situation, nos deux compañeros ont repris leur chemin et se
sont réfugiés dans un café situé dans la même rue. Cinq minutes à peine
après y être entrés, tandis que notre compañero Rubén Valencia Nuñez était
allé se laver les mains aux lavabos, l’individu qui l’avait invectivé dans
la rue a pénétré dans l’établissement, rempli de personnes qui y étaient
installées en toute tranquillité, et est entré dans les toilettes où se
trouvait le compañero. Sans dire un mot, il a empoigné une sorte de
couteau et, bousculant notre compañero, il lui a asséné plusieurs coups à
hauteur du cou, de la nuque et du visage, le blessant en plus de trois
endroits. Sur le moment, Rubén a uniquement senti qu’on le frappait et a
essayé d’échapper aux coups. Bousculant son agresseur, il est parvenu à
sortir des toilettes, poursuivi par l’autre. Dans la confusion, un serveur
qui passait entre eux a été blessé au cou par l’arme qu’empoignait
l’agresseur.

L’agresseur est âgé approximativement de vingt-huit ans, il est d’une
constitution robuste et porte les cheveux très courts (ressemblant à un
agent de la police de l’État ou de la police judiciaire). Défiant
l’assistance, il est demeuré sur les lieux quelques instants, avant de se
retirer en abandonnant son arme. Entre-temps, Rubén s’était aperçu de la
gravité de ses blessures, le sang ayant rapidement trempé ses vêtements.
Il a rapidement été emmené à l’hôpital et est pour l’heure hors de danger.
Il présente deux blessures de 3,5 cm de long et d’environ 1 cm de
profondeur à la nuque, un coup sur la tête et une entaille allant de son
oil gauche à l’oreille, sans compter d’autres entailles moins importantes
provoquées par la même arme. Chaque blessures a nécessité 6 points de
suture et il faut signaler que l’une de ses blessures a frôlé la veine
jugulaire, les conséquences fatales ayant été évitées de justesse. Le
serveur de l’établissement présente également une blessure au cou produite
par le même agresseur, blessure dont nous ignorons la gravité.

Nous tenons à dénoncer fermement de tels faits, qui s’inscrivent dans la
stratégie de répression et violence orchestrée par le gouvernement de
l’État de l’Oaxaca et menée à l’aide de groupes parapoliciers ou de civils
recrutés par cet État. Aussi dénonçons-nous à l’adresse du monde entier
l’éventualité de la mise en place d’une répression sélective semblable à
celle de la "guerre sale" déclenchée il y a plus de trente ans contre les
mouvements sociaux de notre pays. L’agression à l’encontre de notre
compañero Rubén fait suite à une série d’agressions, de manœuvres
intimidatrices et d’arrestations ayant affecté de nombreux compañeros du
mouvement social dans les derniers mois, qui, n’ayant pas eu le succès
escompté et ayant mis en évidence les agissements arbitraires et illégaux
de l’État d’Oaxaca, se poursuivent avec une telle agression ; agression
qui pourrait signifier le début d’un niveau plus élevé et plus dangereux
encore de répression et de violence dont le gouvernement charge des
groupes parapoliciers et paramilitaires ainsi que des tueurs au service du
mauvais gouvernement d’ulises Ruiz Ortiz, dans le plus pur style de la
guerre sale.


Nous affirmons :

- Notre détermination à poursuivre la construction d’un Oaxaca différent,
où l’on ne réprimerait pas ceux qui ne font que rechercher la justice pour
le peuple et le châtiment de ses assassins. Un Oaxaca où il soit enfin
possible de vivre sans peur et sans répression ;

- Que de tels faits nous démontrent, si besoin était, l’urgence d’un
changement et la nécessité de continuer notre mouvement pour empêcher à
l’avenir que ne gouvernent des assassins.


Nous exigeons :

- L’arrêt immédiat de toutes stratégies criminelles de répression et
d’intimidation des différentes luttes des peuples de l’Oaxaca menées par
l’État mexicain et par le gouvernement de l’Oaxaca ;

- Le respect de la vie et de l’activité de l’ensemble des compañeros et
compañeras du peuple de l’Oaxaca qui continuent de construire des
alternatives en vue d’une vie digne dans la justice et dans la liberté ;

- Le châtiment des responsables de cette agression contre notre compañero
Rubén Valencia Nuñez.

Respectueusement, nous demandons aux peuples du Mexique et du monde de
suivre de près la situation, qui pourrait annoncer le début d’une guerre
sale ou d’une guerre de basse intensité visant le mouvement légitime des
peuples de l’Oaxaca.

Fraternellement.

VOCAL (Voix de l’Oaxaca construisant autonomie et liberté)
CASOTA ("Casa Autónoma Solidaria Oaxaqueña de Trabajo Autogestivo"
-
Maison autonome solidaire oaxaquègne de travail autogéré)

Université de la Terre - Oaxaca

Chercheurs aux pieds nus

P.S. :

Traduit par Ángel Caído.



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