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Guide méchant de Paris
Station Nation
I Le Métropolitain

Textes, Jean-Manuel Traimond. Photos, Christiane Passevant

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Station Nation

Une place passante

Horace Léon, dans Carrousel des Séants, nous parle de la place de la Nation : « La devise de la place du Trône, aujourd’hui place de la Nation, devrait être Sic transit gloria mundi, "Ainsi passe la gloire du monde". Car, lorsque la gloire du trône passa, la Révolution l’appela place du Trône renversé et y dressa le rasoir national. Lorsque les gloires de la Révolution et de Napoléon passèrent, Louis-Philippe, qui devait son trône à un sens aigu de l’occasion plutôt qu’à la faveur publique, tenta de conquérir cette faveur. Pour charmer les républicains, il rendit le Panthéon aux Grands Hommes, et termina l’Arc de triomphe pour séduire les bonapartistes ; il manquait quelque chose pour les royalistes. On installa donc en 1843 des effigies de Philippe Auguste et de Saint-Louis, en haut des colonnes doriques de 28 mètres de haut édifiées bien plus tôt par Ledoux pour l’enceinte des fermiers généraux. Assez haut pour être à l’abri des révolutions futures.
Mais les Parisiens, lorsque la gloire de Louis-Philippe passa, jetèrent quand même son trône au feu sur cette place au nom pertinent.
 »

Un style peu commun

Le Conseil Municipal décida en 1880 d’y élever un monument à la gloire de la république, d’autant que l’on devait y célébrer le premier 14 juillet. Le monument fut confié à Dalou, revenu d’Angleterre après avoir été proscrit pour sa participation à la Commune. Puissant, ce monument de 38 tonnes de bronze surprend, avec sa république en équilibre sur un globe. Et le globe tiré par un chariot. Et le chariot tiré par des lions. Des lions de bronze, quoique de marbre devant les vigoureuses anatomies de la Justice et de la Paix.

Le char de la République se tenait jadis au milieu d’un bassin, peuplé de crocodiles agités représentant les forces de la réaction impuissantes à freiner le progrès. Sous l’occupation la préfecture envoya obligeamment les crocodiles dans les fonderies allemandes.

Auteur du Triomphe de la République, Dalou l’ancien communard le décrira par ces mots : « Mon monument sera du style Louis XIV » !




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