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Divergences, Revue libertaire internationale en ligne
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Sous quelque angle qu’on le prenne, le présent est
sans issue. Ce n’est pas la moindre de ses vertus.
À ceux qui voudraient absolument espérer, il
dérobe tout appui. Ceux qui prétendent détenir
des solutions sont démentis dans l’heure. C’est une
chose entendue que tout ne peut aller que de mal
en pis. « Le futur n’a plus d’avenir » est la sagesse
d’une époque qui en est arrivée, sous ses airs d’extrême
normalité, au niveau de conscience des premiers
punks.

La sphère de la représentation politique se clôt.
De gauche à droite, c’est le même néant qui prend
des poses de cador ou des airs de vierge, les mêmes
têtes de gondole qui échangent leurs discours
d’après les dernières trouvailles du service communication.
Ceux qui votent encore donnent l’impression
de n’avoir plus d’autre intention que de
faire sauter les urnes à force de voter en pure protestation.

On commence à deviner que c’est en fait
contre le vote lui-même que l’on continue de voter.
Rien de ce qui se présente n’est, de loin, à la hauteur
de la situation. Dans son silence même, du travail pour accoucher du redoutable « État providence
 ». Les luttes créent le langage dans lequel
se dit le nouvel ordre. Rien de semblable aujourd’hui.
L’Europe est un continent désargenté qui
va faire en cachette ses courses chez Lidl et voyage
en low cost pour encore voyager. Aucun des « problèmes
 » qui se formulent dans le langage social
n’y admet de résolution. La « question des
retraites », celle de la « précarité », des « jeunes »
et de leur « violence » ne peuvent que rester en suspens,
pendant que l’on gère policièrement les passages
à l’acte toujours plus saisissants qu’elles
recouvrent. On n’arrivera pas à enchanter le fait
de torcher à vil prix des vieillards abandonnés des
leurs et qui n’ont rien à dire. Ceux qui ont trouvé
dans les voies criminelles moins d’humiliation et
plus de bénéfices que dans l’entretien de surfaces
ne rendront pas leurs armes, et la prison ne leur
inculquera pas l’amour de la société. La rage de
jouir des hordes de retraités ne supportera pas à
plat ventre des coupes sombres dans ses rentes
mensuelles, et ne peut que s’exciter davantage
devant le refus du travail d’une large fraction de la
jeunesse. Pour finir, aucun revenu garanti accordé
au lendemain d’un quasi-soulèvement ne posera
les bases d’un nouveau New Deal, d’un nouveau
pacte, d’une nouvelle paix. Le sentiment social s’est
bien trop évaporé pour cela.

En fait de solution, la pression pour que rien ne de l’aveu même de la police, a survolé le 14 juillet
dernier la Seine-Saint-Denis dessine le futur en
couleurs plus franches que toutes les brumes humanistes.
Que l’on ait pris le soin de préciser qu’il
n’était pas armé énonce assez clairement dans
quelle voie nous sommes engagés. Le territoire
sera découpé en zones toujours plus étanches. Des
autoroutes placées en bordure d’un « quartier sensible
 » font un mur invisible et tout à fait à même
de le séparer des zones pavillonnaires. Quoi qu’en
pensent les bonnes âmes républicaines, la gestion
des quartiers « par communauté » est de notoriété
la plus opérante. Les portions purement métropolitaines
du territoire, les principaux centresvilles,
mèneront dans une déconstruction toujours
plus retorse, toujours plus sophistiquée, toujours
plus éclatante, leur vie luxueuse. Elles éclaireront
toute la planète de leur lumière de bordel pendant
que les patrouilles de la BAC, de compagnies de
sécurité privées, bref : les milices, se multiplieront
à l’infini, tout en bénéficiant d’une couverture judiciaire
toujours plus impudente.

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