Notre père qui êtes aux cieux.
Nos données qui sont au cloud.
Tous, à un moment ou un autre, nous avons été confronté à la nécessité/obligation de remplir un formulaire. Sous une forme ou une autre, nous nous sommes déssaisi d’informations nous touchant de près. Ce rapport au transfert de données peut arriver plusieurs fois par jour, en prenant de l’essence, en payant avec la carte bleue, en demandant un rendez-vous ou en payant le stationnement de notre voiture.
Il fut un temps ou courait cette affirmation " si c’est gratuit tu es la marchandise" .
Dans une société où il nous est demandé régulièrement de décider de notre avenir par le vote, quelle est notre capacité de décider du destin de nos informations numérisées ?
Celles-ci nous le savons bien sont coupées, recoupées, digérées, utilisées de façon infinies. elles sont le carburant de cette immense machination qu’est devenue la numérisation. On nous l’a fait avaler à travers la fin du papier, la facilité d’utilisation, la rapidité, l’ubiquité etc.. Mais personne ne nous a dit qu’il y avait quelqu’un derrière tout cela.
Pendant longtemps nous avons vécu en sachant que notre société était dirigée au profit des cinq cent familles. Merveilleuse certitude ! Nous savions contre qui se battre. Aujourd’hui, qui fait le formulaire ?
Nous connaissons bien sûr cet acronyme les GAFAM pour Google, Apple, Facebook, Amazon Microsoft. Nous connaissons quelques uns des noms, de leur propriétaires : Bill Gates pour Windows/Microsoft, Zuckerberg pour Facebook, Elon Musk pour Tesla c’est à peu près tout. Les propriétaires de Google nous sont absolument inconnus sans parler de Nvidia, Amazon etc. Celui d’Apple, Steve Jobs a disparu. Celui de Google a vraiment un nom étrange, Sundar Pichai. Le lecteur lambda sera bien incapable de dire ce qu’est Nvidia, constructeur de puces informatiques.
Le plaisir et l’inquiétude
Le monde du numérique est plaisant. Un de ses premiers effets furent d’apporter à tous ses utilisateurs la possibilité de jouer. Les plus anciens de nos lecteurs se rappelleront le tennis, le pac-man créé au Japon en 1980. Il y en a eut alors bien d’autres. Internet en a facilité la dispersion à son début mais à vite permis le jeu en ligne. Quand on interroge le moteur de recherche le plus couru à cet égard on a cette information :
Voici les données à retenir sur l’industrie du jeu vidéo dans le monde : Plus de 3 milliards de joueurs sont recensés au niveau mondial, En 2024, l’industrie du jeu pourrait générer environ 282,3 milliards d’euros, En janvier 2024, 83,1 % des utilisateurs d’Internet âgés de 16 à 64 ans jouaient aux jeux vidéo.
Pourtant simultanément et particulièrement depuis l’invasion des smartphones le niveau d’insécurité de base, au niveau le plus ras du sol , n’a cessé d’augmenter. Non pas la peur d’être agressé, d’être volé, mais celle de ne pas savoir où sont nos proches, de ne pas savoir quel temps il va faire demain etc.
L’accès rapide et libre à toutes les informations médicales nous concernant, à tort ou à raison ont augmenté notre inquiétude quand à notre santé réelle ou fantasmé. L’utilisation du GPS en voiture ou même à pied nous a désappris l’utilisation comme la lecture des cartes routières ou de randonnée. Nous sommes devenu complètement dépendant de cet ajout numérique à notre existence. Cette perte d’autonomie est tout à la fois inquiétante et agréable.
P. S.